SOUVIENS-TOI ! OUI, SOUVIENS-TOI !

Soixante ans ! Si l’Etat Pied-Noir a souhaité déposer une Gerbe en mémoire des Barricades, ce n’est pas par simple « Nostalgie et Respect ». Bien entendu, cet Hommage relève de ces deux sentiments, mais il s’agit aussi de se dresser comme un défi à la Manipulation et au Crime organisé qui fut à l’origine des Barricades.

Replaçons celles-ci dans le chemin sanglant suivi par ce triste Chef d’Etat de la Vème République. Son arrivée au pouvoir se fit sur une promesse de conserver l’Algérie au sein de la France, mais sa noire idée était toute autre. Il a, alors, été mis en place, de façon sommaire, le processus d’abandon.

Moins de deux ans après le coup d’Etat qui a instauré la dite Vème République, civils et militaires ont pu constater une faiblesse dans la répression de la rebellion (sur les 393 condamnés à mort, seuls 14 ont été exécutés), une défiance croissante de l’Intégration, le mépris envers l’Armée, les Pieds-Noirs et les Musulmans partisans de la présence Française en Algérie.

Concrètement, le Général Massu fut rappelé en France, après que fût rendu public son entretien avec un journaliste allemand. Il avait osé révéler l’avance inexorable vers l’autodétermination et la colère menaçante de l’Armée face à cette politique.

La descente dans la rue des Pieds-Noirs, le dressement des barricades, l’attitude complice de l’Armée campent le décor d’épouvante de ce qui sera désormais et durant un peu plus de deux ans, le « Drame Algérien ».

Le sang devait couler et si les archives ne sont pas accessibles, c’est bien la preuve que cette République ne souhaite pas que soient dévoilées les manœuvres de provocation utilisées par le « Grand Félon ».

L’on a soigneusement occulté l’existence de cadavres rangés dans les chambres froides qui furent retrouvés vêtus de tenues du gendarme mobile, mais parfaitement inconnus dans les escadrons. Des inconnus dans la Gendarmerie !!! Bien entendu, il a été dit plus tard qu’une erreur « d’étiquetage » a été commise et qu’en réalité ces hommes-là étaient bien des militaires, aucune communication de noms, ni véritable raison n’a été donnée.

Il s’agissait de la présence de nécessaires provocateurs, permettant une réponse de troupes fidèles au Pouvoir et c’est ainsi que furent tués 8 des nôtres, et que 24 blessés furent dénombrés.

Ce qui était recherché, c’était une justification de cette répression qui ne fit que s’amplifier.

Parallèlement, les négociations occultes avec le FLN se poursuivent et 5 mois après ces dramatiques événements, le FLN, en juin 1960, est invité à négocier, tout à fait officiellement.

La mise en place du massacre des Pieds-Noirs et des Harkis se situe à ce moment des négociations. Le FLN ne voulait pas que puissent rester sur le Territoire, les Européens et les Musulmans fidèles à la France. C’est la « Clé » des événements qui vont se succéder. Sur cette base, acceptée par le Président de la République, ne l’oublions pas, les négociations suivaient leur chemin, pour arriver dès le 19 février 1962, à un Pacte aux Rousse, dans le Jura.

Ainsi commençait l’inexorable éradication du Peuple Pied-Noir et de ses alliés. Deux éléments de preuve viennent au soutien de ce triste constat. Les Documents signées et les Actes.

Rien dans les Accords d’Evian ne concerne l’obligation de protection des personnes et des biens. Il suffit de relire le titre II, chapitre II A « De l’Indépendance de l’Algérie », n° 2, pour constater que rien n’est prévu. Seule figure une mention sur les « Français qui disposeront des mêmes droits que les Algériens », mais rien sur leur protection.

C’est la Démonstration irréfragable  de l’abandon des Européens et des Harkis aux mains des assassins du FLN.

Notons au passage l’appellation « Pieds-Noirs » réservée à ces Français d’Algérie que le « Traître » haïssait sous le Titre : « Dispositions concernant les citoyens français, de statut civil de droit commun, les Pieds-Noirs … ».

Pour compléter cette notion de Paria, ajoutons qu’eut lieu le 8 avril 1962 un référendum en France, auquel les Français d’Algérie ne participaient pas, renvoyant ceux-ci à s’exprimer après leur exode !!!

Mais dans les faits, nombre de références conduisent au même constat.

De Gaulle n’a jamais voulu rencontrer Ferhat Abbas favorable à un maintien de la présence des Français nés en Algérie, et ce dernier fut remplacé par Ben Khedda, dont la Barbarie est bien connue. Il a traité avec des assassins réputés.

Alors que les deux parties s’engageaient à interdire tout recours aux actes de violence collective et individuelle, le FLN a « en toute impunité » organisé des enlèvements d’Européens trouvés pendus à des crocs de boucher, également les Harkis ont fait l’objet des pires sévices avant d’être abattus. Les chiffes sont effrayants : 3093 enlèvements depuis le 17 avril 1962, dont 1630 jamais retrouvés (1300 entre le 19 mars et le 31 décembre 1962. Le tribut des Harkis aux exigences du FLN, fut entre 60 000 et 80 000, (des hommes disparus de 1962 à 1966).

De Gaulle a-t-il saisi la Commission Mixte de Cessez-le-Feu, créée par ces scandaleux Accords d’Evian ? Ou encore la Cour Internationale ? Non, bien entendu.

Il restait alors à ce Pouvoir de parachever son ignominie en ordonnant le Blocus de Bab-el-Oued, « en ouvrant le feu », huit jours après la signature des Accords, sur des Français désarmés (on abandonne ouvertement la technique de la Provocation) et en interdisant à l’Armée de protéger la population d’Oran, et la laissant, impuissante, assister à son Massacre, le 5 juillet 1962.

L’accord secret portait sur la Terreur que devait ressentir la Population française et les musulmans favorables à une Algérie Française. Il fut mené à bien.

Le coup de Grâce de cette mise à mort fut l’offre spéciale de faire reconnaître par l’Algérie son Indépendance, le 5juillet 1962, afin de la faire coïncider avec la capitulation du Dey Hussein en 1830.

Remémorer cette triste réalité Historique est nécessaire, comme Hommage à nos Morts, mais n’est pas suffisant, car accepter sans, c’est « Mourir » de nouveau.

Dans son souci d’extermination, De Gaulle avait prévu que dans trois générations, les Pieds-Noirs n’existeraient plus. Sa prédiction ne s’accomplira pas.

Le Peuple Pied-Noir existe, il s’est constitué en « un ETAT », répondant à toutes les caractéristiques Internationales.

Ironie du sort, sa Légitimité, l’Etat Pied-Noir, la tire de la Déclaration Universelle des Droits des Peuples, signée le 4 Juillet 1976 à ALGER. Heureux présage.

La place n’est plus aux Armes, mais au renfort de cet Etat naissant de façon pacifique, et en laissant notre passé, sa Gloire, à nos enfants. Eux maintiendront notre Tradition, en reprenant les mots de Gustav MAHLER : « la Tradition, c’est nourrir les Flammes, pas de vénérer les Cendres … ».

Président du Conseil dEtat

Jean Paul Alberca