Le Pataouète

Roland Bacri

Roland Bacri, né le à Bab El-Oued (le quartier populaire européen d’Alger à l’époque de l’« Algérie française ») et mort le à Levallois-Perret, en France1, est un humoriste.

Le Pataouète

Essai sémantique, sémiologique, salamalexicologique et tout, pour expliquer qu’une langue pied-noir ça existe et pas qu’un peu, mais que pour bien la maîtriser, il faut aussi apprendre à tomber la veste, taper la sieste, boire l’anisette, faire le bras d’honneur, taper le bain en bas la mer… Tout un programme, quoi !
En lingouistique pure, on vous apprend toutes les différences qu’y a entre le patois, le dialecte, l’idiome et je vous dis pas tout le charabia sémantique qui découle, ça m’avancerait à quoi ? A vous impressionner pour que vous disiez :  » Qu’est-c’qu’il est fort en philologie, çui-là!  » ?
Les sciences philologiques, analogiques, étymologiques, terminologiques, c’est que des choses logiques mais ça m’entraînerait trop loin si je vous les attaquais d’entrée. Mieux, j’vous dis des choses simples (mais savantes quand même !) et vous allez voir, vous allez me comprendre, faites-moi confiance.
Donc, l’Algérie de papa, elle est morte, y paraît, mais le pataouète, c’est une langue vivante, grâce à Dieu! et elle va très bien, merci. Et d’abord et surtout : faut pas confondre ! Je m’explique. En Languedoc, y z’ont une langue ad hoc mais à part les Occitans, qui c’est qui les comprend ? Pareil en Bretagne BzH ou en Champagne pouilleuse, si vous êtes pas du cru, c’est cuit !
Le pataouète d’Afrique du Nord, c’est pas une spécialité régionale. La preuve : les Arabes, les Espagnols, les Italiens, les Français de France, tous ils le comprennent. Obligé, puisque le pataouète est un mélange, un brassage, un tout composite, si vous voulez, de toutes les langues originelles.
De ces langues originelles, on en a fait une, originale, oilà !
Rien à voir, vous le voyez, avec un patois, un dialecte ou l’idiome du village. J’veux pas les rabaisser, ils ont un patrimoine culturel, une entité pourquoi pas, mais chez nous z’autes, c’est plus important au point de vue richesse de langues.

Un peu d'historique

Le pataouète, tout le monde croit qu’il est né en 1830 quand les Français ont débarqué à Sidi-Ferruch, à la suite du coup d’éventail du dey Hussein sur la joue du consul Deval, à cause de l' » affaire Bacri » (ouais, c’est ma famille, mais c’est pas mon propos, marque dommage !).
Tout le monde, donc, croit, mais c’est faux complètement. Le pataouète va chercher ses racines lingouistes beaucoup beaucoup beaucoup plus loin dans l’ancien temps, qu’est-ce vous croyez ?
Edmond Brua, qu’il a écrit la Parodie du Cid entre autres et qu’il était un érudit capable, un jour, il m’a appris, comme on devisait :
– Tu te rappelles le passage du Carthaginois de Plaute, le monologue de Hannon : Ythalonim ualon uth sicorathisyma comsith Chym lachchunythmumys thyal mycthi bariumi sehi, etc. que tout le monde y comprend que dalle, à part les mots en latin et en phénicien ?
Des philologues y disent qu’y a du vieux gallois, d’autres, de l’irlandais. Un nommé Court de Gibelin, il a trouvé que c’est plutôt du bas-breton. Des z’autes, même, y soutiennent que c’est du basque, tu t’rends compte ?
Je l’ai interrompu :
– Maintenant, j’comprends pourquoi qu’on dit : Plaute basque !…
On a rigolé un bon coup, il a continué :
– Comme Carthagène, Carthage, au fond, c’est l’Afrique du Nord, pourquoi qu’on penserait pas à du berbère (masylien), hein, que c’était la langue indigène des autochtones d’alors ?
Je me le regarde, frappé, et je sors :
– Au lieu du bas-breton, ce serait du haut-gard ? C’était une astuce, bien sûr, mais ça n’empêchait pas le sérieux qu’y faut dans des conversations comme ça.
Enfin, bon, bref, abrégeons, puisque à part le latin et le phénicien, on savait pas c’qu’y avait encore, c’était quèque chose de déformé par l’accent, un massacre de syntaxe, une sorte de  » carthaouète « .
On traduit, littéral… comment qu’on est tombés stupéfaits !
Le dernier vers, vous vous rappelez ? Aoccaaneclictorbodes iussum limnimcolus, oilà comment, facile, on l’a traduit :
 » Son exploit, l’huissier y peut se le foutre au cul !  » Que si c’est pas du pataouète, ça, alors j’me fais curé !
A propos, tiens ! Claudel, ouais, Paul Claudel, l’ambassadeur, poète, écrivain, vous savez qu’il a écrit des vers comme:
Tout ça est pour attester aux gens une fois de plus cette bonne chose qui vient du ciel, Cette bonne chose de tout le poids qu’on est à quoi l’on est attaché avec des bretelles.
Vous pouvez vérifier, vous savez ? C’est dans le poème intitulé Saint Michel Archange, qu’il était patron des parachutistes d’Indochine.
Il faisait du pataouète sans le sa’oir, ma parole !
Bon, où que j’en étais-je ? Le pataouète, donc, c’est une vraie langue que de très grands écrivains (vous verrez la sorte d’anthologie que je vous ai sortie au cours de cette modeste étude), de très grands écrivains lui ont donné des lettres de noblesse. Qu’est-ce qu’y disait, Albert Camus, à Emmanuel Roblès, à Alger ?  » Le pataouète, c’est une langue qu’elle devrait servir à écrire une tragédie. « 
y savait pas si bien dire, purée !

Cagayous, le papa-louette...

Cagayous, c’est le premier héros de la littérature officielle pataouète. Ses aventures, picaresques, pittoresques, épiques et tout, elles paraissaient dans des fascicules périodiques, le premier, y date (d’Algérie, d’accord !) de 1896. Illustrés, entre autres, par Assus.
Le père de Cagayous, c’est Musette, qu’on a su qu’après que c’était le pseudonyme de Victor-Maurice-Auguste Robinet (y a eu des fuites), 1862-1930.
Vous dire Cagayous, quel escroc qu’il était, raciste mais presque sympathique quand même, Gabriel Audisio l’a très bien dit dans la présentation-préface qu’il a tapée d’une anthologie pour le faire connaître, chez Gallimard en 1931.
Ce livre, j’l’ai refait paraître chez André Balland, en 1970 dans la collection  » Et alors? Et oilà ! » que j’dirige.
CAGAYOUS CHEZ LE PHOTOGRAPHE
Y asta!
L ‘homme y ferme le tiroir, y sort une boîte et y s’ensauve vite avec, dedans une chambre qu’elle est noire pareille une cave.
Je sais pas quoi c’est il a fabriqué là-dedans ; si s’a fait bouillir mon portrait, ou y s’a fait la bataille des jésuites avec !
Personne y connaît rien !
Demi-heure après, l’homme y s’amène vec un carreau mouillé, et y me fait voir soisandisant mon portrait.
– Allez rigolez pas. C’est moi, ça ? Des cheveux blancs et des yeux aveugles j’ai, moi ? Si vous savez pas travailler, disez-le ; mais vous savez, si vous voulez vous f… de mon kilo, moi je vous casse !
– Vous fâchez pas, qui me dit M. Leroux ça c’est le cliché.
– Cliché… cliché !… Moi j’a venu ici pour le portrait. Oùsqu’il est ? Vous êtes pas capable le faire voir, oilà ça que je sais !
Alors lui y prend le verre par en côté et y me fait tourner un peu.
Ce coup-là je m’a vu naturel… Amane ! Quel fourbi c’est ça ?
– Eh bien, vous êtes content à présent ? Y parle M. Leroux.
– Maintenant, je dis pas. Seulement pourquoi vous avez pas fait les jambes ? On se voit pas le pantalon. Mettez, mettez le carreau dedans la boîte et faisez-moi ça qui manque !
Y se f… à rigoler et y me dit qu’y a pas moyen, mais que une aute fois y me tire tout entier.
Tai’ba !
Quand j’ai parti, M. Leroux y m’a demandé la permission qu’on met mon portrait en dessous les arcades Bab-Azoun.
Moi j’y réponds que oui. Seurement j’y dis que si jamais y vient des femmes pour se l’acheter, on le vend à personne, pourquoi Remédio elle me mange les… ( Je dis pas quoi, mais quand même tous y comprend, pas vrai ?)
MUSETTE. Cagayous.

Le succès du parler  » cagayous  » (son étymologie, ce serait moitié du provençal cagaïoun, petit caca, petit merdeux, et moitié du turc Karagous, sorte de polichinelle obscène), ça va faire apparaître des journaux comme le Papa-louette. Cet hebdomadaire satirique, humoristique et antipolitique, il a paru en 1905 à Alger, même que c’était Henri Fiori le fondateur.
Papa-louette, Bab-el-Oued, Bablouette, pataouète… vous voyez le cheminement lingouistique qui a abouti en définitive ?

Salaouètches

Après Cagayous, type de voyou (oualione) plus espagnol que maltais, mais français quand même, y a eu, toujours dans les années 1900, les héros de Paul Achard. Il a beaucoup écrit (l’Homme de mer, tout ça), souvent en français naturel, mais son chef-d’œuvre, c’est Salaouètches. En cagayous évolué (ses traîneurs de rues, sortes de gavroches de Bab-el-Oued, vont être appelés salaouètches, d’ailleurs) ce livre est drôle comme tout, imagé, coloré, témoignage sociologique en même temps, la preuve :
Les vieux Algérois n’ont peut-être oublié ni ce gros chef de claque, qu’on surnommait  » Piment doux » et qui s’appelait Baldafarina le père, ni l’entrepreneur de figuration, qui portait le sobriquet de Calaô, parce qu’il avait les jambes torses.
Les hommes de Calaô étaient notamment appréciés lorsqu’il fallait donner en scène l’illusion d’une bagarre ou simplement d’un remous de foule. Ainsi en était-il dans Lakmé où les amis de Nilakanta, on le sait, doivent, à un moment donné, entourer le jeune Gérald. Ces gens, avait expliqué le second régisseur, un nommé « Piouitt », doivent être menaçants.
– Vous comprenez qu’est-ce que c’est « menaçants » ? Demandait Calaô à sa troupe, après lui avoir rapporté les explications de Piouitt.
– Y alors, qu’on comprend, affirmait Tromba, ça veut dire qu’on lui sort des insultes et tout.
– Manco c’est ça, protestait le chef, il faut pas parler.
– Mais on peut Ii donner trois ou quatre coups de genou dans le ventre, une supposition ?
– Non plus, écoutez ça que je vous dis moi, pour la mort de vos os! « Menaçants », ça veut dire que ni tu parles ni tu frappes.
– Alors quoi on fait ?
– On lui jette les yeux empoisonnés, avec la figure méchante et tout, et les mains comme si tu vas le casborer, mais pas plus : tenez comme ça…
Et Calaô prenait l’air d’un bœuf irrité, en louchant effroyablement. Une voix timide demanda:
– Cracher on peut ?
– Quoi, cracher ? Ti es pas fou !
– Si on peut ni l’ensulter ni le frapper, peut’ ête on peut lui cracher à la figure… aussinon, oilà, nous avons l’air d’une bande de c… !
PAUL ACHARD, Salaouètches.

Enfin Edmond Brua vint… Même période, j’pourrais vous citer comme auteurs en langage pataouète Louis Bertrand : Pépète le Bien-aimé, 1904, reparu en France en 1920 sous le titre Pépère et Balthazar, éditions Ollendorf; Robert Randau : Cassard le Berbère, Paris 1921, éditions Les Belles- Lettres ; Louis Lecocq : Pascualète l’Algérien, Paris 1934, éditions Albin Michel; Louis Lecocq et Ch. Hazel : Broumitche et le Kabyle, Paris 1934, éditions Fayard ; Lucienne Favre: Bab- el-Oued, Paris 1946, éditions La Table Ronde ; Ferdinand Duchêne : Mouna, Cachir et Couscous, Paris 1930, éditions Albin Michel ; Georges Galunaud : Gavatcho, Alger 1956, éditions Barbry ; J. Simmonet : Double Tchatche, Alger 1959, éditions Baconnier ; Gilbert Espinal : Le patio à Augustias, comédie en 2 actes, Oran 1958.
Je vous ai pas tout dit, hein ? Un choix, c’est un choix, surtout dans le cadre restreint qui m’est imparti, qu’est-ce vous voulez que j’vous dise de plus ?
Avant d’y arriver, faut que je vous cite aussi les Fables de Kaddour (republié aussi dans ma collection que je vous parlais tout à l’heure), pas en pataouète, mais en sabir : de l’arabe francisé, c’est typique.
Et alors et oilà et enfin Edmond Brua. Lui, une somme entière qu’il mériterait ! Pas pasque c’était un ami mais, le juste c’est le juste, il a fait pour le pataouète c’que Malherbe il a fait pour l’universalité de la langue française, avant même Rivarol ! C’est bien simple, quand j’étais petit et qu’on connaissait tous par cœur la Parodie du Cid, quand not’professeur il a commencé à vouloir nous apprendre le Cid de Corneille, malades on était tous d’écœurement de voir comment ce salaud il avait tout tapé l’histoire à Edmond Brua !
Après, quand on a su la vérité, on était très contents quand même et même vengés ! C’est vrai, si Edmond Brua il avait pastiché Corneille, c’était bien fait puisque Corneille, si il avait pas tapé l’histoire à Edmond Brua, il l’avait quand même tapée à Guillaume de Castro !
Après Brua, y a eu la Famille Hernandez, de Geneviève Baïlac et Robert Castel, Et alors ? et oilà, le Roro, la Légende des Siestes et le Beau Temps perdu, de moi, et après, le Coup de sirocco, de Saint-Hamond.
Louis Julia, dans Alger républicain de 1947 à 1954, il a écrit des chroniques hebdomadaires terribles en signant Tonet de la Bassetta.
Fulgence, il a aussi écrit Phèdre aux pieds noirs, en 1974, chez Imben-Nicolas.
Je crois que c’est tout ou presque.

Défense et illustration de la langue pataouète

Essai sémantique, sémiologique, salamalexicologique et tout, pour expliquer qu’une langue pied-noir ça existe et pas qu’un peu, mais que pour bien la maîtriser, il faut aussi apprendre à tomber la veste, taper la sieste, boire l’anisette, faire le bras d’honneur, taper le bain en bas la mer… Tout un programme, quoi !
En lingouistique pure, on vous apprend toutes les différences qu’y a entre le patois, le dialecte, l’idiome et je vous dis pas tout le charabia sémantique qui découle, ça m’avancerait à quoi ? A vous impressionner pour que vous disiez :  » Qu’est-c’qu’il est fort en philologie, çui-là!  » ?
Les sciences philologiques, analogiques, étymologiques, terminologiques, c’est que des choses logiques mais ça m’entraînerait trop loin si je vous les attaquais d’entrée. Mieux, j’vous dis des choses simples (mais savantes quand même !) et vous allez voir, vous allez me comprendre, faites-moi confiance.
Donc, l’Algérie de papa, elle est morte, y paraît, mais le pataouète, c’est une langue vivante, grâce à Dieu! et elle va très bien, merci. Et d’abord et surtout: faut pas confondre ! Je m’explique. En Languedoc, y z’ont une langue ad hoc mais à part les Occitans, qui c’est qui les comprend ? Pareil en Bretagne BzH ou en Champagne pouilleuse, si vous êtes pas du cru, c’est cuit !
Le pataouète d’Afrique du Nord, c’est pas une spécialité régionale. La preuve : les Arabes, les Espagnols, les Italiens, les Français de France, tous ils le comprennent. Obligé, puisque le pataouète est un mélange, un brassage, un tout composite, si vous voulez, de toutes les langues originelles. De ces langues originelles, on en a fait une, originale, oilà !
Rien à voir, vous le voyez, avec un patois, un dialecte ou l’idiome du village. J’veux pas les rabaisser, ils ont un patrimoine culturel, une entité pourquoi pas, mais chez nous z’autes, c’est plus important au point de vue richesse de langues.
Un peu d’historique
Le pataouète, tout le monde croit qu’il est né en 1830 quand les Français ont débarqué à Sidi-Ferruch, à la suite du coup d’éventail du dey Hussein sur la joue du consul Deval, à cause de l' » affaire Bacri » (ouais, c’est ma famille, mais c’est pas mon propos, marque dommage !).
Tout le monde, donc, croit, mais c’est faux complètement. Le pataouète va chercher ses racines lingouistes beaucoup beaucoup beaucoup plus loin dans l’ancien temps, qu’est-ce vous croyez ?
Edmond Brua, qu’il a écrit la Parodie du Cid entre autres et qu’il était un érudit capable, un jour, il m’a appris, comme on devisait :
– Tu te rappelles le passage du Carthaginois de Plaute, le monologue de Hannon : Ythalonim ualon uth sicorathisyma comsith Chym lachchunythmumys thyal mycthi bariumi sehi, etc. que tout le monde y comprend que dalle, à part les mots en latin et en phénicien ?
Des philologues y disent qu’y a du vieux gallois, d’autres, de l’irlandais. Un nommé Court de Gibelin, il a trouvé que c’est plutôt du bas-breton. Des z’autes, même, y soutiennent que c’est du basque, tu t’rends compte ?
Je l’ai interrompu :
– Maintenant, j’comprends pourquoi qu’on dit : Plaute basque !…
On a rigolé un bon coup, il a continué :
– Comme Carthagène, Carthage, au fond, c’est l’Afrique du Nord, pourquoi qu’on penserait pas à du berbère (masylien), hein, que c’était la langue indigène des autochtones d’alors ?
Je me le regarde, frappé, et je sors :
– Au lieu du bas-breton, ce serait du haut-gard ? C’était une astuce, bien sûr, mais ça n’empêchait pas le sérieux qu’y faut dans des conversations comme ça.
Enfin, bon, bref, abrégeons, puisque à part le latin et le phénicien, on savait pas c’qu’y avait encore, c’était quèque chose de déformé par l’accent, un massacre de syntaxe, une sorte de  » carthaouète « .
On traduit, littéral… comment qu’on est tombés stupéfaits !
Le dernier vers, vous vous rappelez ? Aoccaaneclictorbodes iussum limnimcolus, oilà comment, facile, on l’a traduit :
 » Son exploit, l’huissier y peut se le foutre au cul !  » Que si c’est pas du pataouète, ça, alors j’me fais curé !
A propos, tiens ! Claudel, ouais, Paul Claudel, l’ambassadeur, poète, écrivain, vous savez qu’il a écrit des vers comme:
Tout ça est pour attester aux gens une fois de plus cette bonne chose qui vient du ciel, Cette bonne chose de tout le poids qu’on est à quoi l’on est attaché avec des bretelles.
Vous pouvez vérifier, vous savez ? C’est dans le poème intitulé Saint Michel Archange, qu’il était patron des parachutistes d’Indochine.
Il faisait du pataouète sans le sa’oir, ma parole!
Bon, où que j’en étais-je ? Le pataouète, donc, c’est une vraie langue que de très grands écrivains (vous verrez la sorte d’anthologie que je vous ai sortie au cours de cette modeste étude), de très grands écrivains lui ont donné des lettres de noblesse. Qu’est-ce qu’y disait, Albert Camus, à Emmanuel Roblès, à Alger ?  » Le pataouète, c’est une langue qu’elle devrait servir à écrire une tragédie. « 
y savait pas si bien dire, purée !
Cagayous, le papa-louette…
Cagayous, c’est le premier héros de la littérature officielle pataouète. Ses aventures, picaresques, pittoresques, épiques et tout, elles paraissaient dans des fascicules périodiques, le premier, y date (d’Algérie, d’accord !) de 1896. Illustrés, entre autres, par Assus.
Le père de Cagayous, c’est Musette, qu’on a su qu’après que c’était le pseudonyme de Victor-Maurice-Auguste Robinet (y a eu des fuites), 1862-1930.
Vous dire Cagayous, quel escroc qu’il était, raciste mais presque sympathique quand même, Gabriel Audisio l’a très bien dit dans la présentation-préface qu’il a tapée d’une anthologie pour le faire connaître, chez Gallimard en 1931.
Ce livre, j’l’ai refait paraître chez André Balland, en 1970 dans la collection  » Et alors? Et oilà ! » que j’dirige.
CAGAYOUS CHEZ LE PHOTOGRAPHE
Y asta!
L ‘homme y ferme le tiroir, y sort une boîte et y s’ensauve vite avec, dedans une chambre qu’elle est noire pareille une cave.
Je sais pas quoi c’est il a fabriqué là-dedans ; si s’a fait bouillir mon portrait, ou y s’a fait la bataille des jésuites avec !
Personne y connaît rien !
Demi-heure après, l’homme y s’amène vec un carreau mouillé, et y me fait voir soisandisant mon portrait.
– Allez rigolez pas. C’est moi, ça ? Des cheveux blancs et des yeux aveugles j’ai, moi ? Si vous savez pas travailler, disez-le ; mais vous savez, si vous voulez vous f… de mon kilo, moi je vous casse !
– Vous fâchez pas, qui me dit M. Leroux ça c’est le cliché.
– Cliché… cliché !… Moi j’a venu ici pour le portrait. Oùsqu’il est ? Vous êtes pas capable le faire voir, oilà ça que je sais !
Alors lui y prend le verre par en côté et y me fait tourner un peu.
Ce coup-là je m’a vu naturel… Amane ! Quel fourbi c’est ça ?
– Eh bien, vous êtes content à présent ? Y parle M. Leroux.
– Maintenant, je dis pas. Seulement pourquoi vous avez pas fait les jambes ? On se voit pas le pantalon. Mettez, mettez le carreau dedans la boîte et faisez-moi ça qui manque !
Y se f… à rigoler et y me dit qu’y a pas moyen, mais que une aute fois y me tire tout entier.
Tai’ba !
Quand j’ai parti, M. Leroux y m’a demandé la permission qu’on met mon portrait en dessous les arcades Bab-Azoun.
Moi j’y réponds que oui. Seurement j’y dis que si jamais y vient des femmes pour se l’acheter, on le vend à personne, pourquoi Remédio elle me mange les… ( Je dis pas quoi, mais quand même tous y comprend, pas vrai ?)
MUSETTE. Cagayous.

Le succès du parler  » cagayous  » (son étymologie, ce serait moitié du provençal cagaïoun, petit caca, petit merdeux, et moitié du turc Karagous, sorte de polichinelle obscène), ça va faire apparaître des journaux comme le Papa-louette. Cet hebdomadaire satirique, humoristique et antipolitique, il a paru en 1905 à Alger, même que c’était Henri Fiori le fondateur.
Papa-louette, Bab-el-Oued, Bablouette, pataouète… vous voyez le cheminement lingouistique qui a abouti en définitive ?
Salaouètches
Après Cagayous, type de voyou (oualione) plus espagnol que maltais, mais français quand même, y a eu, toujours dans les années 1900, les héros de Paul Achard. Il a beaucoup écrit (l’Homme de mer, tout ça), souvent en français naturel, mais son chef-d’œuvre, c’est Salaouètches. En cagayous évolué (ses traîneurs de rues, sortes de gavroches de Bab-el-Oued, vont être appelés salaouètches, d’ailleurs) ce livre est drôle comme tout, imagé, coloré, témoignage sociologique en même temps, la preuve :
Les vieux Algérois n’ont peut-être oublié ni ce gros chef de claque, qu’on surnommait  » Piment doux » et qui s’appelait Baldafarina le père, ni l’entrepreneur de figuration, qui portait le sobriquet de Calaô, parce qu’il avait les jambes torses.
Les hommes de Calaô étaient notamment appréciés lorsqu’il fallait donner en scène l’illusion d’une bagarre ou simplement d’un remous de foule. Ainsi en était-il dans Lakmé où les amis de Nilakanta, on le sait, doivent, à un moment donné, entourer le jeune Gérald. Ces gens, avait expliqué le second régisseur, un nommé « Piouitt », doivent être menaçants.
– Vous comprenez qu’est-ce que c’est « menaçants » ? Demandait Calaô à sa troupe, après lui avoir rapporté les explications de Piouitt.
– Y alors, qu’on comprend, affirmait Tromba, ça veut dire qu’on lui sort des insultes et tout.
– Manco c’est ça, protestait le chef, il faut pas parler.
– Mais on peut Ii donner trois ou quatre coups de genou dans le ventre, une supposition ?
– Non plus, écoutez ça que je vous dis moi, pour la mort de vos os! « Menaçants », ça veut dire que ni tu parles ni tu frappes.
– Alors quoi on fait ?
– On lui jette les yeux empoisonnés, avec la figure méchante et tout, et les mains comme si tu vas le casborer, mais pas plus : tenez comme ça…
Et Calaô prenait l’air d’un bœuf irrité, en louchant effroyablement. Une voix timide demanda: – Cracher on peut ?
– Quoi, cracher ? Ti es pas fou !
– Si on peut ni l’ensulter ni le frapper, peut’ ête on peut lui cracher à la figure… aussinon, oilà, nous avons l’air d’une bande de c… !
PAUL ACHARD, Salaouètches.

Enfin Edmond Brua vint… Même période, j’pourrais vous citer comme auteurs en langage pataouète Louis Bertrand : Pépète le Bien-aimé, 1904, reparu en France en 1920 sous le titre Pépère et Balthazar, éditions Ollendorf; Robert Randau : Cassard le Berbère, Paris 1921, éditions Les Belles- Lettres ; Louis Lecocq : Pascualète l’Algérien, Paris 1934, éditions Albin Michel; Louis Lecocq et Ch. Hazel : Broumitche et le Kabyle, Paris 1934, éditions Fayard ; Lucienne Favre: Bab- el-Oued, Paris 1946, éditions La Table Ronde ; Ferdinand Duchêne : Mouna, Cachir et Couscous, Paris 1930, éditions Albin Michel ; Georges Galunaud : Gavatcho, Alger 1956, éditions Barbry ; J. Simmonet : Double Tchatche, Alger 1959, éditions Baconnier ; Gilbert Espinal : Le patio à Augustias, comédie en 2 actes, Oran 1958.
Je vous ai pas tout dit, hein ? Un choix, c’est un choix, surtout dans le cadre restreint qui m’est imparti, qu’est-ce vous voulez que j’vous dise de plus ?
Avant d’y arriver, faut que je vous cite aussi les Fables de Kaddour (republié aussi dans ma collection que je vous parlais tout à l’heure), pas en pataouète, mais en sabir : de l’arabe francisé, c’est typique.
Et alors et oilà et enfin Edmond Brua. Lui, une somme entière qu’il mériterait ! Pas pasque c’était un ami mais, le juste c’est le juste, il a fait pour le pataouète c’que Malherbe il a fait pour l’universalité de la langue française, avant même Rivarol ! C’est bien simple, quand j’étais petit et qu’on connaissait tous par cœur la Parodie du Cid, quand not’professeur il a commencé à vouloir nous apprendre le Cid de Corneille, malades on était tous d’écœurement de voir comment ce salaud il avait tout tapé l’histoire à Edmond Brua !
Après, quand on a su la vérité, on était très contents quand même et même vengés ! C’est vrai, si Edmond Brua il avait pastiché Corneille, c’était bien fait puisque Corneille, si il avait pas tapé l’histoire à Edmond Brua, il l’avait quand même tapée à Guillaume de Castro !
Après Brua, y a eu la Famille Hernandez, de Geneviève Baïlac et Robert Castel, Et alors ? et oilà, le Roro, la Légende des Siestes et le Beau Temps perdu, de moi, et après, le Coup de sirocco, de Saint-Hamond.
Louis Julia, dans Alger républicain de 1947 à 1954, il a écrit des chroniques hebdomadaires terribles en signant Tonet de la Bassetta.
Fulgence, il a aussi écrit Phèdre aux pieds noirs, en 1974, chez Imben-Nicolas.
Je crois que c’est tout ou presque.
Défense et illustration de la langue pataouète
Le pataouète, c’est comme une sorte de véhicule de la pensée comme dans nos anciens trams des T.A. et des C.F.R.A. à Alger. Bourré d’Italiens, d’Espagnols, de Français, juifs ou pas, et d’Arabes. Comment vous voulez qu’on s’entende entre nous quand on est mélangés comme ça, tous à part entière ? En s’empruntant des néologismes, des tournures, des constructions de phrases typiques, des insultes de langage parlé avec les gestes, des épithètes de nœuds, des vocables télégraphiques (téléphone arabe ou français) et des syntaxes locales ou à la valeur ajoutée de méditerranéen.
Une langue de tour de Babel-Oued, quoi !
Un exemple de clarté simple de not’langage, tenez !
A un gosse qui fait le fou, qu’est-ce vous lui dites, vous ?
 » Gérald, attention! tu vas salir ta belle culotte neuve !  » Nous, belle culotte, neuve ou pas, on nous disait quand on était petits :
« C’est ça, mon fils, pourris-toi bien, ta mère elle f’ra la bonne ! »
Tout c’que j’vous dis, ça vous intéresse que dalle ? (C’est une supposition !) Vous dites :
 » Tout c’que vous m’dites, ça me sort par une oreille, ça me ressort par l’autre !  » Nous, c’est plus direct et plus poésie pure. On vous dira tel que:
« Aoua ? Tu veux qu’j’te dise ? Tout c’que tu m’dis, ça m’en touche une sans remuer l’autre ! « 
Vous voyez la différence sémantique ?
Le langage, nous les pieds-noirs, on le prend au mot, on le conjugue avec le verbe haut et, passez-moi l’expression, c’est pas pour dire, hein, mais… j’me fais bien comprendre ?
Le son de phonétique
En Algérie, les accents n’ont pas toujours tort, vous allez oir.
Le V, y faut faire un effort, donc on le fait pas. Et alors ? Et oilà !
On ouvre pas le é comme on ouvre l’o en français. On dit pas:  » la rose est éclose « , comme Ronsard, ou  » le lait est frais « , comme Proust, mais  » la rôse, elle est éclôse, ma parôle » et  » le lé il est fré, c’est vré « .
Les l, chez nous, c’est souvent des l intempestifs.
 » Merci, vous êtes bien aimabes ! C’est terribe, comme y faut vous répéter ! « 
En résumé, total, accent grave, accent aigu ou accent circonflexe, nous z’autes, on n’a pas trente-six accents, rien qu’un on a, il est très reconnaissabe !
Les timbres de voix, au fond, c’est comme les timbres que les philatélistes en font collection ! Ça dépend des dents que vous avez et de la façon dont vous émettez. En coin daté ou pas.
J’peux pas vous refaire le Roro, hein. Un dictionnaire de tous les mots et les expressions typiques avec leur signification et la matière de les employer comme y faut, c’est trop long à vous expliquer « dans le cadre restreint, etc., de cette modeste étude », tous les lexicologues vous le diront.
Pour bien maîtriser vot’pataouète, une seule chose à faire : apprenez-vous à tomber la veste, taper la sieste, boire l’anisette, faire le bras d’honneur, taper le bain en bas la mer… j’vous dis pas: faire attention à l’insolation, que le soleil y tape, j’veux pas êt’cruel !
N’en casse pas une ! Oublie-moi cinq minutes, tu f’ras mon bonheur ! Va oir un peu la figa de ta ouéla ! J’vais t’en donner une que le mur y t’en donne une autre !… C’est ça, l’Algérie d’expressions françaises.
Le pataouète, c’est une philosophie.
Albert Camus, tiens, il a écrit en pataouète !
Alors Coco y s’avanœ et y lui dit: « Arrête un peu, arrête. » L’autre y dit: « Qu’est-ce qu’y a ? » Alors Coco y lui dit: « Je vas te donner des coups.
– A moi tu vas donner des coups ? « 
Alors y met la main derrière, mais c’était scousa.
Alors Coco y lui dit : « Mets pas la main darrière, parce qu’après j’te choppe le 6,35 et t’y mangeras des coups quand même. »
L’autre il a pas mis la main. Et Coco, rien qu’un, y lui a donné – pas deux, un.
L’autre il était par terre. « Oua, oua « , qu’y faisait.
Alors le monde il est venu. La bagarre, elle a commencé.
Y en a un qui s’est avancé à Coco, deux, trois.
Moi j’y ai dit: « Dis, tu vas toucher à mon frère ?
– Qui, ton frère? – Si c’est pas mon frère, c’est comme mon frère. »
Alors j’y ai donné un taquet. Coco y tapait, moi je tapais, Lucien y tapait.
Moi j’en avais un dans un coin et avec la tête: « Bom, bom. »
Alors les agents y sont venus. Y nous ont mis les chaînes, dis.
La honte à la figure, j’avais, de traverser tout Bab-el-Oued. Devant le Gentleman’s bar, y avait des copains et des petites, dis. La honte à la figure.
Mais après, le père à Lucien, y nous a dit: « Vous avez raison. »
ALBERT CAMUS, Noces.

Y en a un aute qu’il a pas hésité lui non plus à mettre le pataouète dans la bouche de ses personnages, c’est Montherlant. Henry de, comme y disait l’inventeur des buffets du même nom. (Bon, d’accord, si on peut plus rigoler…)
 » … Je sais bien que ma fille, elle est mes yeux. … Vouai, c’est un Arabe qui m’a cherché des chicanes. Je sais pas comment je me l’ai pas mangé ! « 
Il y a encore des paradis
 » Ah! non! monsieur, moi je suis bien gentil. Tout le monde il me connait et tout le monde il m’estime. Et puis intelligent ! Y en a pas deux comme moi ! Même mon père il est pas si intelligent comme moi. « 
La Rose des sables

Emmanuel Roblès aussi (du jury du prix Goncourt et tout), dans Jeunes Saisons, y s’laisse aller, à sa langue d’origine…
 » – Ti’as pas honte, dis, tu frappes un plus petit ?
Et les copains de renchérir :
« O mangiacaga ! si tu le touches, son frère y te serre le cou que la langue, comme ça de longue, elle te sort ! »

Allez tchao !
Le pataouète, qu’est-ce vous voulez, une thèse en Sorbonne il mériterait !
André Lanly, tiens, aux Presses Universitaires de France, en 1962, il lui a pas consacré une « Étude linguistique, le français d’Afrique du Nord », un monument !
Mais ceci est une autre histoire, comme disait Rudyard Kipling, que si il avait connu Bab-el-Oued, c’est dans la baie d’Alger qu’il aurait mis son « Capitaine Courageux ». Ma parole !
Allez, tchao, et que le bon Dieu y vous l’allonge bien bien !

Biographie de Roland Bacri

1926 : Le 1er avril. Alger. Bab-el-Oued Il faut bien que je naisse. Se passe de qu’on m’enterre.
1926-1941 : L’école de la place Lelièvre, le soleil dans les cieux, azurés tous risques, les bains qu’on tape en bas la mer, jeune âge dans le bonheur. Banque route: mon père, chargé de procuration à la B.N.C.I.A., se charge de me procurer une place.
1942 : En comptant mes pieds, je découvre l’art d’écrire des vers. Premier poème: pour une jeune fille.
« Avec ton cou, Avec ton sein Purée ! Comme je m’f’rais un coussin… « 
1953 : Le Canard enchaîné publie un poème de Roland Bacri.
1956 : Le 1er avril: je deviens rédacteur au Canard enchaîné.
1957 : Premier livre: le Petit Poète.
1958 : Premier disque: Roro de Bab-el-Oued.
1965 : Jean-Jacques Pauvert rachète le Crapouillot et me bombarde rédacteur en chef.
1966 : Mort de Jean Galtier-Boissière. Vente du Crapouillot à Minute ; je démissionne.
1957 à 1981 et la suite: Parallèlement à l’élaboration de mes œuvres incomplètes (Refus d’obtempérer, Et alors ? et oilà, l’Obsédé textuel, Sacré nom d’une bible !, la Légende des siestes, le Roro, les Pensées, le Beau Temps perdu, Roland Bacri par Roland Bacri. etc.) j’écris dans le Canard enchaîné.

Pataouète et Sabir

Pataouète : langue des Français d’Algérie, mélange de français de la métropole – dit français naturel -, d’arabe, d’espagnol et d’italien. Ne pas confondre avec sabir : français naturel parlé par les Arabes.
Le Pataouète reflète ainsi la multiracialité de l’Algérie. Voici quelques exemples pris dans les Trésors de racines Pataouète, de Roland Bacri (ed. Benn).
– Aoufe : de l’espagnol a ufo, gratuit, pour rien. Avec une nuance de resquillé, on s’dit :  » Ciula « , il est dégourdi.
– Atchidente : c’est par accident (accidenti en italien) qu’en Pataouète, c’est devenu une interjection. Qu’est-ce que ca veut dire ? Fichtre, dans le sens pas content du tout.
– Balèk : tiré de l’arabe : bal, attention et ek, deuxieme personne du singulier, ca fait Balék, attention sur toi. Dans le sens de : Prends garde !
– Bouge-toi de là : du verbe français naturel dans le sens de mouvoir. Nous, on 1’a déplacé en plus transitif pour en faire une innovation dialectale. A la place on peut dire : Pousse-toi de là.
– Caoua : du café. En arabe, ils disent gahwa.
– Mira : de l’espagnol mirar, regarder. Cette forme de mira, c’est venu comme Regarde ! Mon œil en français naturel. On l’emploie exclamatif, vous commencez à voir plus clair ?
– Tâcher moyen : c’est essayer mais avec toute la conviction qu’il faut pour bien faire réussir la tentative.
– Taïba : de l’arabe tayeb ; à l’origine c’est : cuit. Taïba cette sauce ! cuite a point. Ca s’est allongé ensuite, en développement sémantique, dans le sens de : beau, très bien.
Historia spécial : Algérie – Histoire nostalgie 1830 – 1987 ; N°486-Juin1987

Ce contenu a été publié dans Document, Uncategorized. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire